La demeure de Manon
 
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 Journal d'une Maman pas comme les autres

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Coxynel
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MessageSujet: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:37





LE DÉBUT DE LA FIN






Dernière édition par Coxynel le Mer 15 Aoû - 20:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:40

Presque quinze jours maintenant qu’elle était malade. Les maux de ventre ne la quittaient pas, ni les maux de têtes d’ailleurs. Elle était donc fatiguée et cela se ressentait parfois sur son humeur… Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle avait et n’avait pas encore consulté de médicastre, attendant que le mal passe de lui-même.

Avant de reprendre sa deuxième semaine de garde, Coxynel avait décidé de se rendre au château d’Airain pour être au calme et se reposer dans sa chambre. Elle arriva sur le matin du dimanche à Jouarre et après avoir laissé Attila le Goinfre, et pas le Hun, encore que tout comme le cheval de l’illustre guerrier, rien ne repoussait sous ses sabots… vu qu’il dévorait tout ce qu’il trouvait. Bref, elle avait laissé l’animal aux écuries et était remontée lentement au château sans faire de bruit.



Quelques jours plus tôt

La veille de son départ pour Reims, elle avait acheté une belle dorade sur le marché conflandais. Dorade qu’elle avait préparée au court bouillon, accompagnée de quelques bâtonnets de carotte - ça rend aimable - et d’une sauce au beurre, plus communément appelé aujourd’hui, beurre nantais. La jeune femme y avait passé du temps et c’était appliquée pour se préparer le plat qui lui faisait envie.

Malheureusement la blonde n’était pas, comme qui dirait une fine cuisinière, et avait omis quelques étapes dans la préparation. Le poisson ? Pas écaillé… Pas vidé non plus… Sa sauce au beurre avait dû trop cuire, voire même bouillir de longues minutes et s’était transformé en… en quoi d’ailleurs ? ben en huile… Ceci dit, elle avait mangé quand même en triant, en plus des arêtes, les écailles et les viscères. A défaut d’être bon, ce n’était pas non plus mauvais, surtout quand la faim est là.

Coxynel avait ensuite préparé ses affaires pour sa garde ducale et s’était couchée pour quelques heures après avoir scellé sa monture. La nuit fut de très courte durée puisque de violents maux de ventre la prirent après une heure de sommeil. Fichu poisson ! A coup sûr, il ne devait pas être frais ! Quelle idée aussi que d’acheter du poisson de Sainte Ménéhould sur le marché de Conflans. De toutes les façons, soit c’était le poisson, soit c’était sa cuisine qui la tuait à petit feu et lui remuait les entrailles ainsi.

C’est toute barbouillée qu’elle avait pris la route pour Reims à la première heure du jour, s’arrêtant régulièrement pour régurgiter le poisson pas frais. Le trajet lui avait semblé une éternité et c’est tremblante et fiévreuse qu’elle était arrivée dans la Capitale pour faire sa Garde Ducale. Après avoir planté sa tente devant les murailles de Reims, la jeune femme était partie se rafraichir au ruisseau. L’endroit même où elle s’était rendue avec lui plusieurs jours auparavant.

Se passant de l’eau sur le visage, elle se promit de ne plus jamais cuisiner. Ca ne servait à rien, elle était nulle et en plus sa cuisine allait au moins la tuer là. « Tu ne sais faire que des sablés ma grande, donc contentes-toi de ne faire que cela. Te lances pas dans des choses impossibles. La cuisine ce n’est pas ton truc, ca restera éternellement ton Graal ! Ta quête de l’impossible ».

L’écuyère était restée là comateuse plusieurs minutes, voire même peut être quelques heures, assise le long d’un arbre à ne penser plus à rien, arrachant les brins d’herbe sans même sans rendre compte. Elle sortit de ses pensées fiévreuses lorsqu’un merle se posa non loin d’elle picorant le sol à la recherche de quelques insectes. La jeune femme se releva, sûrement trop rapidement car quelques vertiges commencèrent à poindre et c’est le tronc d’arbre qui l’aida à rester campée sur ses jambes.

Chancelante, elle rentra au château pour rédiger ses courriers, contrôler les douanes, etc. Cela fait, Coxynel se rendit dans sa tente pour dormir plusieurs heures avant d’entamer sa tournée des remparts tel un automate… Grand moment de solitude et de détresse !


Entre deux gardes

La semaine avait été compliquée. Coxynel ne conservait que rarement la nourriture qu’elle ingérait, tout en essayant de garder bonne figure aux yeux des autres comme si tout allait bien. Le poisson ne passait toujours pas au fil des jours… et la nourriture avait fini par la dégoûter. La simple vue ou odeur de viande lui donnait de nouveau l’envie de rendre.

Hersent, l’une des deux seules personnes à être au courant de son mal-être lui avait conseillé de boire des tisanes à la menthe poivrée. Elle ne buvait donc plus que cela et mangeait seulement des fruits. Lors de ses deux dernières gardes, prise d’une fringale soudaine, elle avait d’ailleurs fait un détour par le verger pour cueillir quelques pommes, des prunes mais également des cerises. Il n’y avait que cela qui passait.

Rien à faire… l’indigestion ou l’intoxication alimentaire perduraient.

La garde avait ôté son armure et ses vêtements avant de se couler rapidement dans ses draps propres et chaud qui sentaient bon le lys, sa fleur favorite mais au parfum ô combien entêtant, et de s’endormir pour quelques heures, oubliant petit tracas, contrariétés diverses et douleurs.

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:43

Quelques heures après son arrivée

Elle s’était endormie comme une masse et avait très bien dormi. Pas de réveils en plein milieu de sa nuit, ni d’insomnie. Parce qu’autant, elle avait envie de dormir toute la journée, autant à l’heure du couché, elle pouvait être prise de crise d’insomnie, la tenant éveillée plusieurs heures.

Les yeux à peine ouverts, elle attrapa la vasque située sur le chevet près du lit et habituellement destinée à la toilette du visage et y rendit les quelques fruits qui lui avaient fait office de diner la veille. Elle reposa le contenant en soupirant puis s’extirpa du lit pour se lever. A peine debout, tout de suite rassie, sa tête tournait et elle n’avait pourtant rien bu la veille, ni même depuis des semaines d’ailleurs…

Patientant quelques minutes que l’effet « bateau sur l’eau » disparaisse, elle se releva et attrapa des vêtements propres dans l’armoire qu’elle revêtit rapidement. Une fois le lit refait, la vasque nettoyée, son armure et ses armes remises, elle quitta la chambre pour reprendre la direction de Reims. Sa deuxième semaine de garde commençait…
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:46

Phase 1 : le déni


Il est des choses qui sont difficiles à accepter, telle la mort d’un proche, la faute avouée de l’être aimé ou le refus d’amour d’un père ou d’une mère. Des choses dont on préfère nier la réalité plutôt que de se l’avouer et continuer ainsi à évoluer dans le havre de paix fictif que l’on s’est crée de toute pièce. On appelle cela le déni…

Et c’est dans ce déni que vivait la jeune femme depuis plusieurs jours en mettant ses soucis de santé sur le compte d’un poisson pas frais et mal cuisiné et sa fatigue sur celui de quelques occupations au Castel de Reims. Elle relativisait le tout en se disant que ça finirait bien par passer et qu’avec de la chance, elle n’aurait même pas besoin d’aller voir un médicastre. Pas qu’elle ne les aimait pas… ça non, elle n’avait rien contre eux… plutôt qu’elle essayait de les éviter…

Grâce à la tisane à la menthe poivrée conseillée par son amie, les vomissements n’avaient plus lieu qu’à son levée. Aussi la blonde, qui n’est pas à un stratagème prêt pour éradiquer cette intoxication, avait décidé de ne plus dormir. Ainsi, logiquement plus de réveil donc plus de nausées. Cette relation de cause à effet avait fait bondir les deux personnes à qui elle en avait parlé… Allez savoir pourquoi ?! Toujours est-il que cette piètre ruse n’avait pu être mise au point que 24h seulement puisque Coxynel avait fini par s’endormir la tête sur le bureau bavant sur les courriers de visas et qu’en prime elle avait quand même été malade durant sa journée sans sommeil.

Ne pas dormir n’éradiquait donc pas l’intoxication ! Même pas grave... elle se mit donc en quête d'un nouveau stratagème anti-nausées!

Plan n° 2… si arrêter de dormir n’aide pas alors essayons d’arrêter de manger ! Et c’est donc pendant 48 heures, cette fois, qu’elle arrêta de manger complètement. Toute façon la nourriture la dégoûtait et même ses petits sablés au beurre lui provoquaient des hauts le cœur. Là aussi, le plan ne fonctionnait pas, elle avait été malade et les vertiges avaient été beaucoup plus nombreux. En plus, elle avait fini par faire une razzia dans le verger de Reims pour assouvir ce ventre affamé qui réclamait de quoi se sustenter.

Résultat des courses : la diète n’éradiquait pas non plus l’intoxication alimentaire provoquée par sa cuisine.


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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:47

Phase 1 : Le déni, suite et fin


Vaincre le mal par le mal…

Une idée comme une autre et pas idiote du tout.
Thèse : Pour vaincre la gueule de bois d’un lendemain de soirée trop arrosée, rien de mieux que de boire à nouveau pour oublier maux de tête et de ventre. Et bien là dans ce cas de figure, il y avait de fortes ressemblances. Coxynel se sentait nauséeuse comme un lendemain de fête on l’on a trop bien vécu.

Aussi la jeune femme avait choisi un soir de rendre la monnaie de sa pièce au poisson pas frais et de le noyer à coup de bière, de vin de champagne et de calva. Le résultat avait été catastrophique.

Antithèse : A défaut de noyer le poisson, elle avait inondé son foie et les nausées en avaient été décuplées. Aussi, lui avait-il fallu plusieurs jours pour s’en remettre et même après les quelques jours, les effets indésirables n’avaient toujours pas disparu.


Synthèse : Peut-être était-il donc temps de se faire une raison… Une intoxication alimentaire ne perdurait pas dans le temps même si la personne était très fatiguée. Tout au plus, était-ce un mal fulgurant qui vous remuait les entrailles deux-trois jours. Mais, soit l’intoxication finissait par passer, soit elle vous tuait. Or la blonde était toujours en vie au bout de plusieurs semaines mais les symptômes étaient toujours là.

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:50

Quand la raison prend le dessus sur le déni, elle laisse place à la colère. Bien que consciente que ces symptômes ne pouvaient plus être imputés à sa mauvaise cuisine et au fameux poisson, elle n’arrivait encore à poser des mots sur ce qui lui arrivait, et encore moins à nommer la chose qui l’habitait.


Phase 2 : la colère

De mauvaise humeur, oh ça elle l’était depuis plusieurs semaines… Tout l’agaçait, la moindre remarque plus haute que l’autre, la moindre erreur, la moindre chose qui ne tournait pas rond. Dés que ça n’allait pas dans son sens, elle passait ses nerfs, elle râlait, criait, tempêtait, puis pleurait. Coxynel en voulait à tout le monde, à la terre entière et même au Très Haut pour lui infliger ca.

Certes, elle avait pêché pour en arriver là, mais ce pêché se comptait sur les doigts d’une main. Alors que d’autres affichaient des mœurs libertines dignes du Comte de Rochester, elle essayait au mieux de respecter les principes aristotéliciens. Et voilà que pour seulement trois/quatre mais non moins délicieuses incartades, elle était sévèrement punie ! Pfff, le monde était vraiment trop injuste.

Qu’avait le Très-Haut à lui faire endurer cet enfer ? Tel Hercule à la croisée des chemins, elle avait un choix à faire… Certes pas celui du vice ou de la vertu. C’était bien pire que ça… Elle avait le choix d’accepter ce qu’elle considérait comme un fardeau, un imprévu… une punition… Ou bien continuer à nier ce qui devenait pourtant une évidence et se débrouiller pour le faire disparaître ! Accepter le fruit du pêché et l’assumer aux yeux de tous ou bien le renier et le tuer. Choix qui s’avérait cornélien pour elle…

Que décider ? Faire une chose que la foi punissait alors qu’elle était très croyante ou être égoïste, respecter sa foi pour son salut et conserver ce fruit du pêché qu’elle ne désirait pas et risquer de ne pas l'aimer suffisamment.

Il est des choses que l’on sait dés son plus jeune âge : sa couleur ou son plat préféré, sa préférence pour les hommes ou les femmes ou bien encore sa capacité d’être un bon parent. Elle, elle n’était pas faite pour cela ! Coxynel le savait depuis longtemps. Elle ne menait pas la vie qu’il fallait. La jeune femme n’était que rarement chez elle. Elle préférait voyager, protéger ou guerroyer plutôt que de rester chez elle à choyer quelqu’un.

En plus, elle n’appréciait pas forcément ces petites choses là… Ca pleurait, piquait des colères, bavait, toussait, éternuait, vomissait, réclamait à manger sans cesse. Les seuls, qu’elle connaissait, qu’elle côtoyait et appréciait, étaient ceux de son frère et ceux de ses amis. Encore que celui de son frère lui avait rendu le lait maternel dans les cheveux. Elle avait eu beau laver et relaver ses cheveux, il lui avait semblé que l’odeur avait persisté des mois et des mois ! Ces petites choses, c’était comme les animaux finalement, mignons… mais chez les autres… Non, elle avait déjà un chat à s’occuper et c’était bien suffisant. Jamais, la blonde ne saurait mener de front vie personnelle et vie professionnelle.

Elle était en colère, ça oui… Mais qu’avait-elle été bête pour croire ce charlatan de médicastre savoyard qui lui avait dit qu’avec une blessure comme la sienne, son environnement serait suffisamment hostile pour décourager le moindre être de s’y plaire un tant soit peu. Tellement bête de croire que ce genre de chose n’arriverait pas.

Elle était en colère mais surtout contre elle-même en fait.

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:52

Phase 3 : les négociations


La blonde avait prié, prié pour qu’il disparaisse, pour qu’elle se lève un matin complètement guérie de ses nausées et de ses humeurs, pour qu’il se soit en aller comme ça dans son sommeil et pour ne surtout pas avoir à faire ce choix que de s’en débarrasser par des moyens peu aristotéliciens.

Malheureusement, ce n’était pas le cas et chaque matin, il était toujours là pour la rendre un peu plus malade, de mauvaise humeur et fatiguée. A chaque repas, sa « punition » était là pour lui rappeler de ne pas manger autre chose que des fruits… Sinon, elle en payait le prix fort par la suite. Toujours est-il donc que les prières n’y faisaient rien, il s’accrochait à la vie…

A quoi bon lutter ou espérer… Aussi après réflexions et fortes disputes avec lui, avait-elle pris la décision de forcer la nature. Une décoction avait été demandée à une amie afin de faire passer la chose. Rien qu’à cette idée elle en pleurait. Certes, elle ne s’était pas préparée à l’éventualité de devenir une poule, surtout dans ces conditions ! Mais Coxynel s’en voulait de ne pas vouloir le garder. Et puis qui sait peut-être que ca lui plairait finalement ?

Elle était hésitante… Elle n’en voulait pas car ne se sentait pas capable de s’en occuper, de gérer cela, et de simplement l’aimer même. Il essayait de la rassurer, lui dire qu’à eux deux, ils y arriveraient. Mais rien y faisait, elle ne se sentait pas prête. L’écuyère avait donc choisi en désespoir de cause de le forcer à disparaître. Il fallait faire un choix et elle l’avait fait…

Bonne comme mauvaise, sa décision était prise… Un pacte avec la mort avait été conclu et elle vendrait son âme au diable par ce geste.

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:53

Quand les négociations échouent la colère est difficile à contenir, on tombe dans la dépression, le désespoir, jusqu’à ce qu’on accepte finalement que l’on a tout tenté. On abandonne. On abandonne et on accepte…


Phase 4 : la dépression

Every man's actions
belong to he
if prepared for thereafter
to each his destiny*


Personne, elle ne souhaitait voir personne. Préférant ressasser le mal qui la rongeait seule. Même lui, elle avait du mal à supporter sa présence parfois, à soutenir son regard et à l’entendre lui dire qu’il comprenait et qu’il serait là quoi qu’il arrive, quoiqu’elle fasse et choisisse. Il insistait, ne comprenait pas. Et elle le repoussait inconsciemment le plus souvent alors ils se disputaient presque à chaque fois.

Qu’y avait-il à comprendre dans le fait qu’elle voulait être toute seule ? Seule pour boire le poison et seule lors des minutes infanticides… Demandait-elle l’impossible ? Etait-ce compliqué à comprendre ? Pas pour elle en tout cas… Pour sûr, elle n’était pas la seule dans l’histoire, elle le savait pertinemment. Lui imposer cela était horrible… Effectivement. Egoïste ? Surement. Salvateur ? Aussi… Assumer seule, ce geste qui était le sien. C’était son corps, au delà de son esprit, qui s’apprêtait à souffrir, et c’est cela qui faisait la différence ! Et, il n’était nullement question de mépris.

Son geste lui appartenait mais pour autant y était-elle préparée ? Ce geste qu’elle se préparait justement à commettre la mettait mal à l’aise. Toujours partagée… Non ! Une gêne peut-être ? Pas tellement de l’acte en lui-même mais plutôt du résultat. Etait-ce sa destinée ? Assassiner leur bébé. C’était bien ça… Elle voulait tuer leur enfant, le leur à tous les deux. Des mots venaient enfin d’être posés sur cet état de fait qui perdurait depuis plusieurs semaines. Un mot qui tenait en seulement quatre lettres : bébé !

Les journées défilaient à vive allure et la potion magique était en cours de préparation. Dés qu’elle se retrouvait seule pour quelques minutes salutaires, elle pleurait tant qu’elle pouvait. Elle avait mal au ventre, des crises d’angoisse toute seule quand la porte de son bureau était fermée, quand elle se retrouvait seule dans sa tente après sa garde ou quand elle se levait. Elle s’enfermait petit à petit dans sa tristesse. Les nausées matinales étaient dorénavant accompagnées de larmes. Plus des larmes de colère mais des larmes de chagrin cette fois.

La jeune femme n’avait goût à rien, affichait un masque digne des tragédies grecques tellement il en était risible et faux. Laissez croire que la mer était calme alors qu’au plus profond d’elle-même sévissait une véritable tempête. Pas prête : certes ! Pas d’instinct maternel : probablement pour le moment. A coup sûr que si elle voyait un enfant ayant faim, elle l’aurait collé directement sous un pis de vache. Après tout une Louve avait bien pu allaiter les fils de Mars… Alors pourquoi pas une vache!

Mais peut-être qu’elle apprendrait l’instinct de maman, qu’ils apprendraient ensemble tous les deux à devenir de bons parents et à élever la futur petite tête blonde aux yeux verts qui la rendait si mal en ce moment même. Ses larmes n’étaient pas seulement des larmes de chagrin… elles étaient emplies de remords. Coxynel regrettait ses paroles, les pensées qu’elle avait pu avoir sous le coup de la panique et de la peur.

Ultime prise de conscience afin de rompre le pacte avec la faucheuse…






*Jah Work, Ben Harper
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:54

Phase 5 : L’acceptation


Les jours avaient passé depuis la rupture du pacte avec la Grande Faucheuse. Lentement mais sûrement, elle s’était faite à l’idée de devenir maman, d’avoir un petit être à s’occuper, de fonder une famille, la leur.

Quelques kilos avaient fait leur apparition sur ses hanches. Dorénavant, la jeune femme se sentait quelque peu engoncée dans ses vêtements, et les boutons de sa chemise avaient tendance à être sous tension à quelques endroits stratégiques. Quant aux nausées, elles continuaient de se taper l’incruste… celles là, elles ne lui manqueraient pas quand elles disparaitraient, si elles disparaissaient un jour !

Sans oublier ses jambes qui étaient lourdes, ses humeurs à la Jean qui rit/Jean qui pleure/Jean qui crie. Si si… Jean qui crie, ça existe aussi ! Et bien entendu sa vessie qui était intenable ! A croire qu’il avait élu domicile dessus, le saloupiot. Il devait s’en servir de coussin ou de matelas ou filer des micros coups de pieds ou coups de poings dedans… un petit bagarreur ! Ce ne serait qu’à moitié étonnant en fait vu ses parents…

Malgré tout ces petits désagréments, la blonde était plutôt heureuse même si le fait de devenir une boule ne l’enchantait toutefois guère. Sans compter que l’écuyère ne pourrait peut-être bientôt plus faire mumuse avec ses jouets, à savoir bâton, épée et bouclier… Pourtant parfois, elle souriait toute seule et bêtement – dans son bureau, dans son lit, en se réveillant le matin avant d’avoir envie de rendre bien entendu, sur le marché ou les remparts – et ce rien qu’en pensant au Mini qui poussait dans son bidon !

Elle lui parlait même de temps à autres quand elle était toute seule, de tout et de rien, lui posant une question quand elle travaillait et qu’elle avait un doute, le réprimant légèrement quand il l’empêchait de digérer autre chose que des fruits et des légumes. Elle lui parlait aussi de ses ami(e)s et surtout de son papa quand ce dernier lui manquait notamment.

Oui… Coxynel avait mis du temps à l’accepter mais elle le savait maintenant, ils avaient fait le bon choix et elle l’aimait ce bébé autant qu’il l’enquiquinait à la rendre malade et de mauvais poil !
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 20:59

Cours d’accouchement : Leçon n°1, la perte des eaux



Polibe lui avait expliqué qu’avant l’accouchement, elle perdrait les « os »… Ils avaient longuement disserté là-dessus se demandant bien de quels os, il pouvait être question. Elle espérait secrètement qu’il s’agisse de côtes parce qu’elle en avait plusieurs, à la différence des os de jambes ou de bras, et qu’une de plus ou de moins ne devait probablement pas être très gênant.

Ca l’avait quand même tracassé cette histoire d’ « os » et elle s’était donc rendue à la bibliothèque de l’université de Champagne afin de lire quelques ouvrages là-dessus. Stupeur et effroi… On pouvait parler aussi de poche des « os », mon dieu elle allait perdre toutes ses côtes à ce tarif là ! Comment un bébé pouvait-il provoquer autant de bazar en venant au monde ? Il devait s’accrocher à tout ce qu’il trouvait sur son passage sûrement.

Ah non en fait, après plus d’intentions, elle se rendit compte qu’il ne s’agissait pas d’ « os » mais d’ « eaux » ! Perdre les eaux, rupture de la poche des eaux… M’ouais ! En gros d’après le bouquin, une femme enceinte était assimilée à un baquet rempli d’eau et avant l’accouchement le trop-plein coulait ! Super la comparaison ! Sans compter qu’à priori, on pouvait perdre une sacrée flaque d’eau…

Peut-être que si elle s’abstenait de boire, elle ne perdrait jamais les eaux et n’accoucherait donc pas ! Bonne idée ça… sauf qu’elle avait promis de ne plus faire de bêtises… Pfff, satanée promesse.

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 21:00

Cours d’accouchement : Leçon n°2, le travail


En parcourant un peu plus l’ouvrage, un mot en particulier attira son intention : le travail. Le travail… Non mais quel travail ? Pff ! Fallait bosser entre l’inondation et l’accouchement ? Genre bosser comme labourer la terre, semer, faire du pain ? Bon si vraiment, il fallait travailler avant d’éjecter le gosse, elle aimerait tant qu’à faire guerroyer ! Oui oui, c‘est du travail ça aussi.

En fait non… Le travail ne qualifiait pas une activité professionnelle mais ce qu’elle lut par la suite l’effraya encore plus. Contractions… Qu’es aquò ce truc ? Des douleurs abdominales nécessaires à la venue au monde du bébé… Un mal pour un bien en fin de compte… M’ouais c’est ça… C’est bien un homme qui avait dû écrire ce ramassis de bêtises. Aussi referma-t-elle l’ouvrage d'un coup sec en grimaçant lorsqu’elle lut le mot dilatation, histoire d'arrêter le cauchemar éveillé…

Finalement elle ne voulait plus accoucher, il se débrouillerait tout seul le gamin. Il pouvait bien venir au monde mais ce serait sans elle. Ce jour là, elle serait occupée à autre chose. Puis si il n’y arrivait pas tout seul à sortir, bien il resterait là toute sa vie. Pourtant, la douleur n’effrayait habituellement pas la jeune femme. Des coups elle en avait pris et en prendrait encore. Mais ce qui était décrit dans cet ouvrage là semblait atroce, pire qu’un nez cassé ou un coup d’épée dans le ventre…

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 21:01

Phase 6 : le changement


Le ventre de la blonde commençait à se deviner et ce même sous les chemises dérobées en toute légalité dans l’armoire de son cher et tendre. Ses propres vêtements étaient devenus trop petits depuis plusieurs semaines. Elle semblait boudinée et au bord de l’implosion dans ses chemises et ses braies. Aussi, rien de mieux lorsqu’on ne peut pas perdre de poids que de choisir des vêtements d’une taille plus grande pour paraître plus mince. La technique avait toutefois ses limites et viendrait bien le moment où elle serait démasquée.

Et depuis quelques jours, certains s’en posaient des questions… Faut dire que la blonde avait plutôt bon appétit et une fâcheuse tendance à manger tout au long de la journée… si ce n’est pour deux, au moins pour quatre et surtout maintenant qu’elle était libérée de ses contraintes au château puisqu’elle n’oubliait plus de déjeuner. Pour autant, son appétit n’empêchait pas les nausées si c’en était bien d’ailleurs, car cela s’assimilait plus à des crises de foie. Chaque repas un peu trop riche ou extravagant était directement sanctionné de douleurs au ventre et de vomissements. Elle en avait déduit que bébé n’aimait pas le beurre des sablés ni la viande… ceci dit il adorait les fruits et les légumes ! Au grand désespoir de maman, qui même si c’est bon pour la santé, aurait bien aimé manger autre chose…

Les semaines passaient doucement et la présence du petit monstre commençait de plus en plus à se ressentir au quotidien. Ce qu’elle avait d’abord pris pour des douleurs n’était autre que les mouvements du bébé qui commençait à gigoter. Sensation bizarre que de sentir et ressentir une présence comme celle-là. C’était comme si des petites vagues s’agitaient dans son ventre ou comme un petit frottement léger. C’était principalement lorsqu’elle était au calme qu’elle ressentait ses mouvements mais également lorsqu’elle s’agitait un peu trop. A croire qu’il détestait être dérangé dans son sommeil ou ses occupations sûrement très « occupantes » de têtards… un sacré foutu caractère déjà avant même d’être né… En tous les cas, à chaque fois ou presque, du moins quand la situation le permettait, elle passait sa main sur son bidon en se disant que peut-être il ressentait sa main lui aussi.

Et jamais, malgré l’angoisse d’être une mauvaise mère qui ressurgissait de temps à autre, et pire que tout la peur de l’accouchement ou bien encore la gêne qu’il pouvait être parfois dans sa vie quotidienne, elle ne regrettait de l’avoir gardé.

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 21:01

Cours d’accouchement : leçon n° 3, grigris, tisanes et compagnie


Il paraît que donner la vie est un réel bonheur et le plus beau jour dans la vie d’une femme… M'ouais... Foutaise de bonnes femmes étant entrées dans le clan - que diable ! - dans la secte des jeunes ou moins jeunes mamans, soit une bande folles hystériques shootées par les nuits sans sommeil et les montées de lait. Secte qui se devait bien entendu de diffuser les joies de l’enfantement pour que le monde continue d’être monde. Tu parles, une belle brochette de menteuses ! En même temps, il était difficile de rallier les jeunes filles à la case maman en leur disant « Ma belette, ça va être le pire jour de ta vie, tu vas douiller comme jamais !!! Ton corps va se déformer et tu auras l’impression qu’un monstre te bouffe les entrailles… ».

Petite enquête sur la question menée en bon et du forme, et le moins que l'on puisse dire c'est que les résultats ne sont pas très fameux. Déjà la parturiente - c’est comme cela que l’on nomme la fille qui va accoucher - a une chance sur deux de claquer… La vache, les probabilités de mourir sont identiques à celles de revenir indemne d’une guerre. Sauf que là tu es seule et sans compagnons d’armes ! Enfin si tu as des pseudos compagnons d’armes, une bande de bonnes femmes hystériques censées t’aider t’accompagnent. Plusieurs femmes peuvent intégrer cette joyeuse troupe et on citera comme exemple, la mère de la parturiente, quelques matrones, autrement nommées « les vieilles biques du village », les tantes et les cousines – on les appelle aussi les sales curieuses embrigadées dans la secte des mamans – et quelques domestiques.

Pas d’hommes donc… Et le père, il fait quoi lui pendant ce temps là ? Il prend du bon temps, en buvant des bières et en mangent des douceurs pendant que sa compagne essaie d’expulser de son corps un monstre ! Certainement pas, ça ne se passera pas comme cela ! Si ELLE souffrait, IL souffrirait aussi. Et n’allez pas dire que c’est une vengeance. C’est simplement une question d’équité ! Mais de toutes les façons, la jeune femme savait pertinemment que la question ne se poserait pas. Il serait là et non pas parce qu’elle l’exigeait, mais parce qu’il le voulait.

Et ce n’est pas tout… Avant d’accoucher, il est nécessaire d’effectuer une sorte de rituel. Une « vieille bique » devait respirer l’haleine de la future maman et à priori, si cette dernière est mauvaise, l’accouchement sera difficile. Par conséquent, mieux vaut éviter certains aliments avant le jour de la délivrance… De même après la phase haleine, l’épreuve des tisanes débutent. Tisane entre les jambes d’abord… Cette tisane est censée attirer le bébé. Mais pourquoi ? Le bébé aurait-il soif ? Sauf que le sien de bébé, il préfère la bière à la tisane… Il faudra donc penser à demander à la « vieille bique » s’il est possible de remplacer la tisane par un verre de bière.

Mais bébé n’est pas le seul à avoir droit à une tisane, maman aussi a droit à la sienne mais aromatisée à la matrice de hase et au vin… Quel délice ! Un vrai menu gastronomique en perspective... Et ce n’est pas tout, car si l’accouchement s’annonce complexe, la future maman doit faire de l’exercice comme marcher, monter et descendre les escaliers, respirer du poivre pour provoquer des éternuements et des contractions… Le mal pour un bien quoi… Blablabla…

Et à tout cela s’ajoute, la mise en place de tapis partout dans la chambre, la totalité des nœuds que l’on doit délier et les animaux que l’on doit détacher et ce afin que le cordon ombilical de l’enfant ne s’enroule pas autour de son cou. En fait là on fait d’une pierre deux coups. Faire de l’exercice pour faciliter la venue de l’enfant en courant après les bêtes qui s’échappent vu que libérées pour empêcher à l’enfant de s’étouffer avec son cordon… pff… pas simple cette affaire. D’ailleurs c’est quoi un cordon ombilical ? Un cordon qui relie maman à bébé par le nombril. D’accord ! et donc bébé peut s’enrouler le cordon autour du cou… Remarque, Mini Poxy – mélange de papa et de maman – pourrait bien essayer de se pendre avec son cordon au vu les parents « presque parfaits » qui l’attendent.

Et le must du must du grigri, tu perces le toit de ta maison avec une flèche, mais pas n’importe laquelle, il faut que ce soit une flèche ayant tué un ours, un sanglier ou un homme, pour moins souffrir lors de la mise bas. Pour ça, il faudra ruser et peut-être demander à papa car maman est vraiment très nulle au tir à l’arc puis elle n’a jamais tué personne avec un arc… Ca se saurait sinon !!!



Conclusion

Quand tu perds les eaux et non pas tes « os », tu dois :

- Aller chercher les commères du village et les femmes de ta famille
- faire de l’exercice en tuant un mec d’une flèche, percer le toit de ta maison avec la dite flèche, libérer les vaches puis courir après, dans ce cas là, les dites vaches seront remplacées par ses cochons et Microbe.
- refaire la décoration de ta chambre en mettant des tapis
- tuer une maman lièvre pour préparer des tisanes, une que reniflera le bébé, l’autre pour toi.
- Sniffer du poivre.
- Souffrir un minimum et si après tout ça, tu survis, tu auras ta famille rien qu’à toi…


Conclusion de la conclusion

Devenir maman, ce n'est pas une mince affaire.


Morale des cours d'accouchements

Il existe un dicton qui dit qu’il faut souffrir pour être belle… et bien, c’est pareil pour devenir maman.

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 21:15




BITTER SWEET SYMPHONY *



Dernière édition par Coxynel le Mer 15 Aoû - 21:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 21:16

* The Verve



[31 Janvier 1460-Conflans-les-sens]



Well the bells out in church tower chime
Burning clues into the heart of mine
Thinking so hard on her soft eyes
And the memory
Of her sighs, that it's over...
It's over...

Last Goodbye. Jeff Buckley




L’attente était terminée, la nouvelle tombée, l’amour assassiné, son aimé décédé.
Seule… il l’avait laissée seule, abandonnée quelques jours auparavant, complètement perdue avec cet enfant qui était encore en son sein.

La mort avait fauché Polibe au petit matin du 27 janvier 1460, et c’était une blonde en pleurs qui avait découvert son corps sans vie à son réveil. Coxynel était restée devant le corps inerte du jeune homme plusieurs heures… son Ange… Le Très Haut venait de le rappeler à lui, tôt, trop tôt, bien trop tôt.
Comment avait-il pu ?
Pourquoi lui ?

Blessé plusieurs semaines auparavant, il n’avait rien laissé paraître, se faisant passer pour guéri mais fatigué, et lassé. Trop occupée à ses fonctions, elle ne l’avait pas vu dépérir, ni souffrir, ni même se mourir… jusqu’à il y a quelques jours, mais il était tard, trop tard, bien trop tard.

Polibe était mort…

Jamais plus, il ne reviendrait, jamais plus il ne la toucherait, ne la ferait frémir, trembler, vibrer, sourire, pleurer, rire.
Jamais.
Et cet enfant ? Son enfant que jamais il ne connaitrait.
Que ferait-elle sans lui dorénavant ?
La vie avait-elle encore un sens ?

Une fois, les obsèques achevées, la blonde avait décidé de s’isoler, de faire tomber ce masque dont elle s’était faite l’actrice ces derniers jours, de prendre du recul, d’oublier, de ne plus souffrir en silence, d’arracher cette douleur qui lui étreignait le cœur dés que ses pensées vagabondaient auprès de son Ange. Esprit qui ne pouvait penser qu’à lui dés lors qu’elle se trouvait chez eux à Conflans-les-sens, quand elle touchait à cette assiette, à ce meuble, où à ses vêtements qu’elle serrait contre elle chaque nuit pour tenter de s’endormir en espérant retrouver son odeur, croyant que son corps allait prendre forme sous la chemise qu’elle étreignait et qu’elle se retrouverait à nouveau dans ses bras. Et elle pensait à lui dés lors qu’elle se rendait dans la chambre bleue.

Aussi avait-elle regroupé quelques affaires et quitté Conflans sans prévenir. Elle avait chevauché à brides rabattues plusieurs heures, oubliant l’enfant qu’elle malmenait en agissant de la sorte – un peu plus un peu moins… – pour se rendre à Ussy-sur-Marne où elle savait qu’elle pourrait être seule et noyer son chagrin. Lors de cette chevauchée salvatrice, le froid s’était attaqué au bout de ses doigts, à ses orteils, son nez, ses oreilles. La moindre parcelle de sa peau était engourdie, brulée par le vent et les larmes. Coxynel était vidée de son âme. Il n’y avait plus en elle que chagrin, tristesse, désolation et noirceur. Les larmes coulaient à n’en plus finir, les yeux rouges, boursoufflés, elle galopait toujours afin d’atteindre au plus vite sa terre d’asile, son purgatoire qui la mènerait au Paradis.

Ses talons pressaient fermement Attila afin qu’il aille plus vite. La cavalière coupa à travers champs, se baissant pour éviter les branches d’arbres, alors que des crampes naissaient au creux de son ventre. La buée, qui s’échappait de sa bouche, et son souffle saccadé, par la course folle, faisaient écho au martèlement des sabots de la monture sur le sol gelé. Après plusieurs heures, Coxynel aperçut les cheminées des tourelles de la maison forte, puis le clocher de l’église et les grilles de l’entrée.

Enfin…


Oublier pour ne plus y penser…
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 21:18


[31 Janvier 1460-Ussy-sur-Marne]


M'extraire du cadre
La vie étriquée
D'une écorchée
J'ai cru la fable
D'un mortel aimé
Tu m'as trompé

Je te rends ton amour. Mylène Farmer




La bonbonnière avait poussé la lourde grille de l’entrée. Elle était engourdie des pieds à la tête, pour autant son corps ne ressentait pas la douleur physique tellement la douleur morale était cuisante. Elle avait laissé Attila dans les jardins. Qu’il dévore les haies, les buissons, piétine les massifs, se sauve… Peu importe. A l’instant, plus rien ne comptait.

Trainant sa peine, son poids et sa douleur lancinante, Coxynel traversa la cour puis entra dans la maison forte où ses appartements avaient été aménagés, il y a peu par Brewen. Traversant le vestibule, elle délaça et laissa tomber sa cape sur le sol tout en poursuivant son chemin vers les escaliers. Coxynel en monta lentement les marches et gagna sa chambre sans même chercher à en informer son intendant qui s’occupait des terres lorsqu’elle n’était pas là, c’est à dire toujours.

Le regard froid de Coxynel balaya la pièce alors qu’elle posait sa besace sur la commode à gauche de la porte. La chambre était agencée de manière assez simple, le lit d’ébène qui prenait place sur le mur près de la porte faisait face à la fenêtre et était bordé par deux chevets de même facture. Alors que sur le mur du fond se trouvaient l’armoire et la large cheminée où un feu crépitait. Et dans l’angle du quatrième mur prenait place une petite table sur laquelle étaient alignés quelques pots d’onguents et des fioles de lotions. Au dessus la table, un petit miroir et devant elle une chaise. Près de cette table, un baquet pour le bain.

Lentement, une main posée sur son ventre, elle se dirigea vers l’armoire d’où elle sortit un paquet mou emballé par un papier de soie de qualité qui reposait sur l’étagère. Elle posa précautionneusement le paquet sur le lit. Puis elle se baissa et attrapa une boite qu’elle plaça aux côtés du paquet au papier de soie.

Cela fait, elle ressortit de la chambre et redescendit les escaliers pour se diriger vers le puits de la cuisine. Coxynel remplit à ras bord deux grandes marmites qu’elle mit à chauffer ensuite sur le feu. Alors qu’elle se tenait contre le mur, ses jades éteintes se portèrent sur le paysage que laissait apparaître la fenêtre en face d’elle. La neige avait recommencé à tomber et recouvrait les arbres dénudés de la forêt. Dehors, quelques bêtes, qui n’hibernaient pas, furetaient à la recherche d’une nourriture quelconque… des lapins, des sangliers et même une biche… La nature qui s’offrait alors à ses yeux était tristement belle.

Et ce fut l’eau frémissante qui fit sursauter Coxynel et la sortit de ses pensées. Elle se redressa doucement gardant sa main sur son ventre qui n’en finissait pas de se réveiller. La jeune femme versa le contenu brûlant des marmites dans deux seaux. Prenant un seau dans chaque main, elle entreprit le chemin inverse parcouru auparavant. Dans la chambre, les seaux d’eaux brûlantes furent versés dans le baquet. Un nouvel aller-retour dans la cuisine pour puiser de l’eau fraiche… eau froide qui rejoignit à son tour les eaux brûlantes. Il en fut de même pour le contenu de la fiole d’huile de rose.

Tandis que l’eau du bain fumait et répandait une odeur douçâtre et entêtante dans toute la chambre, la blonde enleva ses bottes, défit sa chemise, ses braies, ses dessous qu’elle laissa choir sur le sol puis la bonbonnière se glissa dans l’eau du bain parfumée. Un pied d’abord, puis la cheville, le mollet, un second pied, un frémissement, la jambe entière, ses flancs, son bassin, son ventre et sa poitrine… de l’eau jusqu’au cou, elle s’immergea complètement. Les larmes furent noyées dans l’eau et ses muscles se détendirent. Manquant d’air, elle sortit juste le haut de son visage pour respirer… Trop tôt encore… Elle se redressa.

Sa main tâtonna pour trouver le pain de savon posé sur le rebord du baquet. Coxynel frotta d’abord ses cheveux à l’aide du savon puis ses bras, ses jambes…, ses mouvements se faisaient plus habiles dans l’eau. Sa peau rougissait au contact de l’eau brûlante et des frictions vigoureuses. S’arracher un peu plus la peau à l’aide du savon et de ses ongles pour effacer chaque souvenir de lui, chaque trace de ses gestes.

Lui qui l’avait laissé, abandonné, quitté… Toutes ces promesses qui lui avaient faites, l’épouser, être à ses côtés pour l’accouchement, déménager, voyager, prendre le bateau et la plus belle des promesses, vieillir ensemble. Rien de tout ça n’allait se réaliser. Il lui avait menti, il l’avait trahi, il l’avait trompé. Et si tout n’avait été que mensonge ? Et si il s’était moqué d’elle ? Il lui avait fait croire des choses. Il avait eu pour lui, et lui seul, celle que peu d’homme voir aucun, pouvait se vanter d’avoir eu. Il l’avait prise, avait fait d’elle une femme – … presque… – une future mère. Il l’avait apaisée, apprivoisée lentement. Elle lui avait donné sa confiance, son amour, son cœur et son âme. Coxynel s’était damnée pour lui, mettant ses convictions religieuses de côté. Elle lui avait dit oui. Et lui… venait de lui arracher le cœur, de la piétiner... en mourant…

Plus, elle y pensait et plus elle souffrait. Mais cette souffrance était nécessaire, essentielle, vitale, salvatrice.


… Le détester pour ne plus l’aimer.

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 21:19

[31 Janvier 1460-Chambre de Coxynel à Ussy-sur-Marne]


I'm in his favorite sun dress
Watching me get undressed
Take that body downtown
I say you the best
Lean in for a big kiss
Put his favorite perfume on

It's you, it's you, it's all for you

Video Games. Lana del Rey




Après quelques minutes, ou heures, elle n’en savait strictement rien et avait perdu toutes notions de temps, Coxynel sortit du bain où l’eau était désormais froide. Premier pied à terre, rejoint rapidement par le second, elle se saisit de serviettes dans l’armoire et dans lesquelles, elle s’enveloppa.

La bonbonnière, main sur le ventre qui s’agitait de plus en plus, alla s’asseoir sur la chaise devant la table à onguent. Ouverture du premier pot… de la poudre, perles orientales et amidon de blé, pour le visage… Elle en appliqua largement sur le visage, le cou et le haut de sa poitrine, afin d’obtenir un teint parfait masquant les dernières rougeurs liées aux larmes précédemment versées et qui n’avaient pas été effacées par le bain réparateur. La blonde s’attaqua ensuite à souligner ses yeux d’un trait noir à l’aide d’une poudre compacte noire, mélangeant plomb et graisse animale. Puis ce furent ses lèvres qui retinrent son attention. Le troisième pot regorgeait de teinture de cochenille. Coxynel en appliqua du bout du doigt une très petite quantité pour rehausser le rose de sa bouche.

Maquillage terminé, la jeune femme récupéra le fer rangé dans le tiroir de la table, alla le déposer sur le rebord de la cheminée et retourna s’asseoir, se saisissant du plus gros des pots qui contenait une crème grasse au lait d’ânesse. Une fois la serviette au sol, d’un geste rapide, elle en étala de larges couches sur son corps. Puis, elle se dirigea vers la commode non loin et récupéra dans sa besace, deux morceaux de tissus roses qu’elle enfila.

Une odeur de fer chaud commença à se diffuser dans la chambre et la femme enceinte alla le récupérer puis se réinstalla sur la chaise. D’un peigne fin, elle démêla l’intégralité de sa chevelure. Du pot en terre, elle préleva des épingles. Chaque mèche fut lissée, ramenée sur le haut de la tête puis fixée, jusqu’à l’obtention d’un chignon haut et volumineux. Quelques mèches furent épargnées et chauffées au fer pour laisser quelques boucles folles éparses.

Depuis combien de temps, n’avait-elle pas pris soin d’elle comme cela ? Depuis des lustres… Voir jamais… Peu coquette… Pas du tout même… Mais là c’était différent…

Coiffée, pomponnée, il fallait s’habiller. Et c’est naturellement vers le paquet au papier de soie posé sur le lit qu’elle se dirigea. Elle décacheta l’emballage pour en extraire la robe… blanche, ceintrée sous la poitrine, aux manches vaporeuses, au décolleté seulement suggestif, et ornée de quelques broderies rouges sur le corsage. La robe qu’elle avait fait confectionner, il y a quelques mois… pour leur 30 octobre qu’ils n’auraient finalement jamais. Ce fut ensuite au tour des chausses d’être enfilées… blanches, fines, et légères.

La bonbonnière se dirigea de nouveau vers sa besace pour y prendre un pendentif qui lui était cher, celui qui signifiait le lien qui l’unissait à ses suzerains, et le noua à son cou. Le seul bijou qu’elle portait avec le petit anneau qu’il lui avait offert le soir où elle avait accepté sa demande et qui ornait déjà son annulaire gauche…



Chaque étape était importante, chaque étape trouvait sa place au sein du processus… processus qui n’avait qu’un seul but… une finalité…


Se mettre en beauté pour le retrouver...

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Mer 15 Aoû - 21:20

[31 Janvier 1460-Les bords de la Marne]


Boua daga uimpi geneta.
Immi trouga, lana nariIas.
Vrit - me lindos dubnon - piseti.


Traduction française en gros^^
J'étais une jolie fille honnête.
Maintenant je suis pauvre et déshonorée.
Maintenant, seulement l'étang profond m'attend.


Omnos. Eluveitie.



Coxynel se regarda dans le miroir. La voilà telle qu’elle aurait voulu être pour leur 30 octobre. Une tenue simple, sans froufrous, pas trop de superflu, juste ce qu’il fallait pour faire une jolie mariée… sa jolie mariée.

Fin prête et satisfaite, Coxynel sortit de la chambre, descendit les escaliers puis traversa le vestibule. Toujours personne aux alentours… Une très bonne chose. Il ne valait mieux pas tomber nez à nez avec Brewen mais la cape ne gisait plus sur le sol du vestibule, elle.

Porte ouverte, nuit tombée, pieds dans la neige, bourrasque de vent, douleur au ventre un fois encore, grimace naissante sur le visage et main qui se pose sur l’endroit douloureux, son corps se courba mais elle continuait de marcher. Il ne fallait pas faillir… pas maintenant. La mission se devait d’être accomplie.

On n’entendait rien dans la nuit que le craquement de la neige sous les pas de la bonbonnière, le bruissement d’ailes des oiseaux de nuits qui s’éveillaient à peine et les quelques petits mammifères qui fouissaient pour cacher ou chercher leur nourriture. Coxynel progressait, courbée, les flocons de neige caressant ses cheveux, sa peau… Elle traversa les jardins, longeant la treille où l’été poussaient des lys orientaux, sa fleur favorite, puis les écuries et enfin la forêt du domaine.

Le vent s’acharnait à la faire frémir tout comme son ventre s’obstinait à la faire souffrir, sans compter ce liquide chaud qui depuis son départ de Conflans s’échappait et lui coulait le long des jambes… discrètement… lentement... Une nouvelle contraction – car plus aucun doute n’était désormais permis sur la nature de la douleur – se fit ressentir. La blonde ploya, chuta, genoux et mains à terre, ces mêmes mains qui se crispaient dans la neige. Et l’on entendit un déchirement de douleur s’échapper des lèvres de Coxynel.

Après plusieurs minutes au sol, la blonde se releva. Il fallait continuer et elle reprit sa marche haletante, s’appuyant contre les arbres quand elle se sentait défaillir. La jeune femme se trouvait dorénavant à la lisière de la forêt, les bords de la Marne étaient tous proches. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle touchait au but, la fin approchait et elle allait pouvoir le rejoindre. Dans quelques minutes, elle serait à ses côtés, dans quelques instants, elle pourrait se nicher dans ses bras. Prochainement, elle ne souffrirait plus, retrouverait son aimée et ils pourraient réaliser les promesses qu’ils s’étaient faites.

Le clapotis des eaux de la Marne résonnait comme une invitation. Coxynel y glissa un premier pied puis le deuxième. L’eau était glacée mais la Marne appelait la Dame d’Ussy et son Ange l’attendait. Aussi, progressait-elle doucement dans la rivière. L’eau lui arrivait jusqu’aux genoux. Encore un effort, se disait-elle, encore un effort, tu y es presque. J’arrive mon Ange, j’arrive, pensait-elle.

Haletante, le souffle coupé par la fraicheur de l’eau, par les contractions qui redoublaient de violence, Coxynel poursuivait sa quête. De l’eau jusqu’au cou, tout son corps tremblait, ses muscles se crispaient mais elle souriait. Bientôt… oui bientôt… Une douleur cuisante et un déchirement au creux de ses reins la firent glisser. Doucement, elle se trouva immergée, les bras réconfortants de la Marne l’enveloppèrent, la portèrent en son sein. Ils étaient chaleureux, attirants. L’esprit de Coxynel s’apaisa, elle ferma les yeux, l’eau s’immisçait lentement dans sa gorge. Tout était calme, elle sombrait dans les limbes à la recherche de son bonheur perdu.

La quête touchait à sa fin, tout son être s’emplissait d’eau, l’air lui manquait… Le hululement d'une chouette... le craquement d'une branche... un bruissement d'eau...

Elle sombrait...


Mourir pour ne plus souffrir...

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Jeu 16 Aoû - 22:56



hersent a écrit:
[A la caserne des Loups]

Elle avait appris la triste nouvelle, non l'épouvantable nouvelle, de la bouche même de son amie Coxynel....Polibe, son Capitaine Royal Polibe, son frère, n'était plus de ce monde, s'en était allé rejoindre Aristote, là-haut, si loin qu'on ne pourrait pas l'en faire revenir...Orphée n'irait pas chercher son Eurydice....et Ophélia ne plongerait pas dans les eaux d'une rivière mortelle...Entre deux sanglots, Hersent se redressa et pensa à nouveau à ce qui lui avait traversé l'esprit...Orphée, Eurydice..Ophélia [HRP: anachronisme mais bon, on me pardonne hein, parce que c'est Shakespeare tout de même ^^]... bon mais...nooonnnNom de Zeus!!!! Coxynel, il fallait qu'elle voit Coxynel au plus vite. Polibe et elle, une si belle histoire d'amour inattendue, s'épanouissant de jour en jour pour donner bientôt naissance au fruit de leurs amours passionnées. Coxynel si difficile à fléchir, si difficile à conquérir, qui donna tout son être et toute son âme à Polibe...elle semblait tenir n....il fallait qu'elle en ait le coeur net.
Ni une, ni deux, Hersent fit seller Korrigan, mit sa cape sur son uniforme et galopa comme le vent jusqu'à Ussy, le domaine de son amie. Après une longue chevauchée qui épuisa presque son hongre placide, elle parvint aux grilles d'Ussy où elle fit tintinabuler la cloche d'entrée pour avertir l'intendant de son arrivée
.

Breeeeeweeeennnnnn!!!! C'est Hersent, le GEC des Loups, venir m'ouvrir et viiiite!!! C'est urgent! Breeeeweeeeennnnn! Urgeeeennnnceeeee!

Elle faisait caracoler Korrigan tellement l'anxiosité l'étregnait...il se maniait ou quoi le Brewen??? Et si Coxy avait eu la folie de vouloir rejoindre Polibe???

Breeeeeweeeennnnnnn!!!! Merde, venez m'ouvrir à la fin! Je vous dis que Coxynel est en danger!

Elle frappa de son épée qu'elle avait dégainé, la cloche la faisant carillonner tant et plus, elle continuait de hurler pour ameuter Brewen.
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Jeu 16 Aoû - 22:57


[31 Janvier 1460-Les jardins d’Ussy-sur-Marne]



Le jour commençait à tomber alors que je me trouvais dans les jardins. Le froid était là et il me fallait protéger les massifs de fleurs. Je m’afférais donc à disposer du foin sur les parterres dénudés mais qui au printemps regorgeaient de lys, de roses et d’arums de toutes couleurs. Prendre le foin dans la charrette et l’étaler sur le sol terreux. Piquer… étaler… piquer… étaler !

J’en étais à recouvrir mon dernier massif lorsque des bruits de sabots me firent me retourner. Un cheval, robe brune, crinière blonde. A n’en pas douter le Rocky Mountain de la maitresse des lieux. Que pouvait bien faire ici le canasson terrible ? Et en plus cette saleté de mule dévorait le foin que j’étalais. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je me redressai, fourbu et courbaturé, fourche en main, menaçante.

Attila ! Qu’est-ce-tu fous sale mule ? Ouais, le canasson, je ne l'aime pas!

J’attrapai la bride de l’animal non sans avoir une folle envie de lui botter les fesses pour le tirer et le mener jusqu’à l’écurie, tout en me disant que si l’étalon de ma maitresse était là, alors elle-même devait être là. Quelle folie… Enceinte comme elle l'était, cette blonde était décidément folle à lier.

Ce ne fut qu’une fois mon matériel rangé et mes dernières tâches achevées que je me dirigeai vers la maison forte pour rejoindre la tourelle est dans laquelle je logeais et trouver le repos que je méritais. La porte était grande ouverte et la cape de ma maitresse gisait sur le sol ! Quelle bordélique ! A moins qu’elle n’était pas seule et que… Non, ne pas penser cela… Une bordélique, voilà la raison. A peine à la maison que Madame laissait déjà trainer ses affaires un peu partout.

Une fois la cape ramassée, je me rendis dans ma chambre afin de me rendre un peu plus présentable. Alors que je me lavais les mains dans la bassine, posée sur la table devant la fenêtre, une ombre blanche errante m’apparut à la lisère de la forêt. La démarche était mal assurée et il me sembla voir l’ombre chuter. Un être du Sans-Nom ? Un brigand ? Un va nu-pied ? un fantôme ?

En tant qu’intendant du domaine et un brin curieux, je décidai de me lancer à la poursuite de l’ombre brigande, fantomatique et nu-pied. Escaliers dévalés à toute berzingue. Voir ce qui se passe, mettre le holà et protéger les Terres de ma maitresse, voici ma mission pour l’heure. Et sans me douter de l'arrivée future d'une cavalière, je me jetai à corps perdu dans ma mission.

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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Jeu 16 Aoû - 23:02



hersent a écrit:
Non mais qu'est-ce qu'il foutait ce Brewen?? Il était sourd ou quoi? Avec tout le bruit qu'elle faisait, il n'avait rien entendu? Bravo le garde intendant et tutti quanti, pfff faire confiance à un breton, n'importe quoi, la preuve!

Breeeeweeennnn! Nom d'un Artigot, ouvrez-moi!

Elle tournait et virait sur Korrigan qui n'avait jamais vu sa cavalière dans cet état en dehors d'un champ de bataille. L'épée en main, elle talonna son hongre pour longer les grilles du domaine et laissa courir l'acier de l'arme sur le fer des grilles...le bruit était digne du Sans Nom.
Hersent était folle d'angoisse, son intuition lui disait que Coxynel était capable de commettre la pire des ignominies, la plus affreuse des bêtises tant son chagrin était immense, tant sa douleur indicible
.

Breeeweeennnn!!!! Je dois entrer dans le domaine! Coxyyyy!!! Le bébé!!!! Breeeweennnn, merdouille, rappliquez vous fesses ou je vous.... elle reprend la valse de l'épée sur les grilles, le vacarme produit réveillerait les spectres les plus endormis.
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Manon
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Jeu 16 Aoû - 23:05

[31 Janvier 1460-Dans le ventre de Maman]


Certains enfants ont une maman douce, calme, coquette, affectueuse et aimante.
Mais ça, c’est les autres…
Moi la mienne, c’est tout le contraire.

Déjà, elle a voulu que je meurs alors que je ne faisais encore que la taille d’un moustique. Papa, lui, il ne voulait pas. Il disait que j'étais un cadeau, que j'étais la plus belle chose qui pouvait leur arriver. Je l’entendais le soir, Maman, prier et supplier le Très-Haut de la délivrer. Elle lui demandait sans cesse de ne pas lui faire endurer cela. Maman a beaucoup pleuré à cause de moi au début.

Et puis un jour, elle a arrêté de pleurer et elle a commencé à me parler. Déjà, elle me racontait des histoires de chevaliers Champenois qui tuent les bretons puants et les chiens d’Artésiens. J’aime bien ses histoires et surtout quand elle imite les méchants et les gentils qui s’entretuent. Psssttt, bling bling, clang, clap, quand elle fait ça, elle bruite les combats, le tout suivi d’un langage fleuri : « Crève sale Artigot ! » « Tête de Champi, je vais te cueillir et te faire poêler… » « Artésien, tête de chien, Artigot, tête de veau, Artouzes, tarlouzes », « Breton, tête de fion ! »…

Maman me disait aussi d’arrêter de la faire vomir et de la faire grossir. Pas de ma faute, si je n’aime pas la viande et le poisson. Moi je préfère les bonbons et la bière… puis aussi le Calva. Et puis j’aurais bien aimé que Maman s’habille avec des choses de fille comme une maman normale. Mais non, elle préférait piquer les vêtements de Papa. Ca le faisait grogner Papa, surtout quand elle lui piquait ses petites braies…

Et Papa… Ah Papa ! Un héros. Quand Maman me parle de Papa, elle a le sourire dans la voix. Papa, il avait une armée. Hypérion qu’elle s’appelait. Et puis les Loups aussi, c’est lui qui les commandait. Et à la tête de son armée, il dégommait plein de méchants. Parce que Papa et Maman, ils ne veulent pas que je naisse Artésien. Et même que quand je serai grand et ben je serai comme Papa… sauf que moi, et ben, et ben, je ne casserai pas mes épées… même que…

Papa c’est quelqu’un de bien. Un jour, il a envoyé paitre le monsieur avec la grosse couronne, qui porte des jupes et pas de culottes sous ses jupes. Et même qu’il lui a dit que sa seigneurie, et ben, et ben, il pouvait se la mettre là où il pensait. Par contre, je n’ai jamais compris « à quoi il pensait » ?! Papa, c’est un homme droit dans ses bottes, je suis sûr qu’il est beau et intelligent, enfin intelligent, c’est pas sûr parce que avec Maman souvent, ils rigolent en disant que les soldats sont bêtes.

Papa, il râle souvent après Maman et Maman, elle fait pareil. Ils se disputent toujours mais je crois que c’est pour s’amuser la plupart du temps. Ils veulent être tous les deux les chefs, et au dessus de l’autre… Et puis quand ils ont quelque chose dans la tête, ils l’ont pas ailleurs… mais je sais pas c’est quoi « le ailleurs » ?!


Mais tout ça c’était avant…

Parce que depuis quelques jours, Maman pleure tout le temps quand elle est toute seule. Et je n’entends plus Papa me parler par le nombril de Maman. Je ne sais pas où il est, Papa. J’ai l’impression qu’il est parti. Depuis qu’il ne me parle plus par le nombril de Maman, Maman ne me parle plus. C’est comme si je n’existais plus. Je crois que de nouveau, elle ne m’aime plus.

Du coup, je me fais oublier, je ne bouge pas de trop et je l’écoute pleurer en silence dans son lit, le soir dés qu’elle est toute seule. J’essaie de ne plus réclamer à manger, ni à boire, puis je ne la rends plus malade non plus. Je dors et je reste calme, même la nuit… et je l’écoute pleurer, pleurer et ça me fait mal de la sentir triste comme ça.

Puis là, depuis tout à l’heure, c’est bizarre. J’ai mal à mon ventre et puis j’ai dû mal à respirer dans mon appartement. Je suis secoué, ca bouge et ca fait mal. J’ai ma tête qui tape contre les côtes de Maman et un peu partout. Je crois que j’ai mal au cœur tellement ça secoue. Sans compter que j’ai l’impression d’être attiré par le bas. Bientôt je vais avoir la tête en bas si ça continue ! et puis mon cordon-abreuvoir, il bouge… J’ai l’impression qu’il se met autour de mon cou. Bon ça me fait un joli collier mais ce n’est pas très confortable puis ça sert drôlement. Et ma piscine elle se vide en plus. C’est bizarre, je sais pas ce qu’il se passe et je crois que j’ai peur même si je ne sais pas trop ce qu’est le sentiment de peur.

J'ai froid...
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Coxynel
Grand Manitou
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Jeu 16 Aoû - 23:08

[31 Janvier 1460-Dans les eaux gelées de la Marne]


Gloomy is Sunday, with shadows I spend it all
My heart and I have decided to end it all
Soon there'll be candles and prayers that are sad
I know, let them not weep, let them know I'm glad to go
Death is no dream, for in death I'm caressing you

Gloomy Sunday. Portishead




Elle flottait, planait, volait, atteignait petit à petit la plénitude. Coxynel avait la sensation de se trouver au milieu des nuées d’un nuage. Cette sensation que tout allait bien, de ne plus rien ressentir, le vide et le néant dans son cœur et dans son esprit. Elle n’était pas triste, ni même heureuse. Elle ne sentait plus rien. Même pas la douleur au plus profond d’elle-même, morale et physique, ni même le pourpre qui souillait sa robe lentement.

Les battements de son cœur se firent plus lents, ralentissant au rythme de sa respiration. Elle et l’eau ne faisaient plus qu’un. Ses membres commençaient tout juste à se raidir lorsqu’elle sentit une force l’attirer hors de l’eau. Que se passait-il ? Mais qu’on me laisse tranquille, pensait-elle. Elle aurait bien ronchonné mais ne le pouvait pas, ouvert les yeux pour fusiller d’un regard la chose qui osait l’importuner. Aucun son ne sortait de sa bouche et ses yeux restèrent clos.

Puis tout bougea, on l’extirpait. La portait-on ? Coxynel n’en savait rien mais elle sentait qu’on ne la laissait pas mener à bien le destin qu’elle s’était souhaitée. Des voix lointaines résonnaient, un souffle la réchauffait, sa robe et ses cheveux gouttaient…

Trop tard ?

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Brewen
Tony Micelli
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Jeu 16 Aoû - 23:11


[31 Janvier 1460-Les bords de la Marne puis la grille]


Je me dépêchais de retrouver le fantôme qui m’était apparu dans ma chambre, en haut de la tourelle. Il faisait froid, la neige tombait de plus en plus. J’observais chaque trace de pas, chaque touffe d’herbe Et mes pas me menèrent vers les bords de Marne. Une masse blanche flottait, visage dans l’eau, cheveux blonds.

Je m’aventurai donc dans l’eau glacée afin de repêcher ce qui y baignait, une pointe d’appréhension quant à ce que j’allais trouver. Se pouvait-il que… ? J’évoluais dans la Marne rapidement, luttant contre le courant, contre les racines qui gisaient au fond de la rivière et manigançaient entre elles pour me faire chuter. Mon cœur tambourinait contre ma poitrine. Sa cape par terre… cette robe… ces mèches blondes qui ondulaient au rythme du courant.

J’attrapai un pan de la fameuse robe qui dansait au gré des vaguelettes et tirai vigoureusement le corps vers moi, prenant soin de le retourner et de redresser un peu le visage blême, glissant une main devant la bouche pour voir si un souffle, même infime, s’en échappait.



Dans la Marne, la dame d’Ussy…



Je la tirai de toutes mes forces pour la ramener sur le bord du rivage. Des cris résonnaient dans la nuit, des appels, les cloches… On m’appelait. Ca attendrait un peu… Je me baissai pour écouter. Un léger battement de cœur, morte, elle n’était pas… enfin pas encore, je regardai effaré le sang qui souillait sa robe sur le haut de ses cuisses. Qu’avait-il pu bien lui passer par la tête ? Je remontai sa tête, posai mes lèvres sur les siennes afin de lui insuffler plus d’air. Toujours des cris, on m’appelait, un bruit assourdissant qui faisait s’envoler les oiseaux de nuits qui poussaient en cri perçant en prenant leur envol.

Après plusieurs tentatives, la blonde toussa, cracha de l’eau. Je la relevai, passant mon bras sur ses hanches, la maintenant pour la faire avancer. Elle semblait inconsciente encore, sa robe ne cessait de rougir. Je trainai ce poids mort jusque vers la Maison forte. Le souffle saccadé, au bout de plusieurs minutes, je parviens à entrevoir l’entrée de la maison. Je déposai délicatement ma maitresse sur la méridienne de l’entrée avant de courir aux grilles ouvrir à la jeune femme qui trépignait d’inquiétude à l’entrée.


Bonjour Dame.

Une brune… un uniforme… un écusson… Nul doute que j’avais déjà vu ça quelque part, dans le coffre à bijoux de Coxynel. Une Louve, son amie, celle qui devait être son témoin, à n’en pas douter. J’ouvris la porte avec fracas pour la laisser passer.

Coxynel ne va pas bien, je crois qu'elle a… Elle a besoin d’un médicastre. Il faut m’aider. Il y a du sang. Suivez-moi.


Je lui emboitai le pas afin de lui montrer le chemin tout en réfléchissant comme je le pouvais à ce que je pourrais faire.

Je vais écrire à l’herboriste de ses suzerains. Légolas, elle m’en a parlé. Sa suzeraine souhaitait qu’il la surveille au cas où.

Et de laisser entrer la GEC dans le vestibule.
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Coxynel
Grand Manitou
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MessageSujet: Re: Journal d'une Maman pas comme les autres   Ven 17 Aoû - 8:40



hersent a écrit:
Ahhhh enfin pas trop tôt, le drôle arrive!

Breeeweennn, activez! Je suis inquiète là!

Son Korrigan danse littéralement sous les talonnades qu'elle lui envoie sans cesse, et c'est avec soulagement qu'elle voit enfin les grilles s'ouvrir.

Que s'est-il passé? Coxynel perd du sang?? Tudieu, par Aristote, le bébé arrive!! Viiite, montrez-moi le chemin et dites en cuisine de mettre à chauffer de l'eau, beaucouo d'eau et de préparer des linges propres, beaucoup aussi!

Elle galope jusqu'à l'entrée, descend de cheval, embarque sa mallette de médecin et d'herboriste et entre pour voir une Coxynel, trempée, inanimée, respirant faiblement, perdant beaucoup de sang.

Citation :
Je vais écrire à l’herboriste de ses suzerains. Légolas, elle m’en a parlé. Sa suzeraine souhaitait qu’il la surveille au cas où.

Oui, oui, faites et vite, j'aurais besoin de son aide. Je suis médecin aussi vous savez, votre maîtresse est entre de bonnes mains. Viiite, allez donner les ordres pour que l'accouchement se déroule au mieux. Puis revenez porter Coxynel dans sa chambre, ce sera mieux que dans l'entrée avec les courants d'air.
Coxy, tiens bon, ma Coxy, je suis là, Légo ne va pas tarder, Brewen est en train de gérer l'eau et les linges. Tout ira bien...c'est le mini Poxy qui arrive...en fanfare. Tiens bon, mon amie, tiens bon, je t'en prie...pour le bébé.
Elle prend un linge dans sa mallette, verse dessus une lotion à base de souci et de lavande et entreprend de nettoyer le sang de l'entrejambe de son amie. Elle est inquiète par la tournure des évènements et commence à douter que l'accouchement se fasse par la voie naturelle.

_________________
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